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29 novembre 2008 6 29 /11 /novembre /2008 20:43

Thaïlande - manifestants obligés de quitter un aéroport ,  pourparlers rejetés

 

 

 

 

Thaïlande - manifestants obligés de quitter un aéroport ,  pourparlers rejetés

BANGKOK (AFP) — La police de Bangkok a sommé vendredi des manifestants de quitter un aéroport où ils sont retranchés, alors qu'un de leurs dirigeants a rejeté toute possibilité de compromis.

"Les manifestants et leurs leaders doivent" évacuer l'aéroport Don Mueang, "faute de quoi les forces de l'ordre prendront" toutes les "mesures nécessaires", a affirmé le chef de la police métropolitaine de Bangkok, le commandant Suchart Mueankaeo, dans un premier avertissement officiel.

Cette fermeté affichée tranche avec le discours des autorités qui ont répété à l'envi qu'elles privilégiaient le dialogue.

Le Premier ministre Somchai Wongsawat a encore réaffirmé vendredi que tout serait fait pour éviter une confrontation.

"Le gouvernement ne veut causer ni violence ni victimes", a-t-il dit depuis la ville de Chiang Mai (Nord) où il a décidé de rester jusqu'à nouvel ordre en raison de "tensions" avec l'armée.

Le commandant adjoint de la police régionale, Piya Sorntrakoon, avait affirmé plus tôt que les manifestants avaient accepté des pourparlers, ce que le leader royaliste de "l'Alliance du peuple pour la démocratie" (PAD) a fermement démenti.

"Le Premier ministre m'a contacté aujourd'hui pour négocier. Il n'y aura pas de négociations. S'ils veulent intervenir, qu'ils n'hésitent pas", a lancé l'opposant Sondhi Limthongkul qui dit aussi avoir conseillé à M. Somchai de "s'exiler en Birmanie dans les 48 heures".

Un peu plus tôt, le chef du gouvernement a limogé l'un des plus hauts responsables des forces de sécurité. "Le Premier ministre a ordonné le transfert du chef de la police nationale, le général Patcharawat Wongsuwan", a annoncé un communiqué officiel sans en donner la raison.

Cependant, le porte-parole du gouvernement, Nattawut Saikuar, a affirmé à une télévision locale que le chef du gouvernement avait pris cette décision "au regard de la façon dont il (Patcharawat Wongsuwan) a géré la situation".

Les autorités cherchent désespérément une porte de sortie à cette crise qui paralyse le pays et engendre de gigantesques pertes financières en ce début de saison touristique.

M. Somchai avait proclamé jeudi l'état d'urgence autour des aéroports occupés de Suvarnabhumi (vols internationaux) et Don Mueang (vols intérieurs). Cette mesure d'exception, géographiquement limitée, confère des pouvoirs étendus aux forces de sécurité pour y rétablir l'ordre.

Le 7 octobre, la police avait dispersé sans ménagement des milliers de manifestants pro-PAD qui avaient bloqué les accès au Parlement de Bangkok, faisant deux morts et près de 500 blessés.

Les manifestants ont juré de lutter "jusqu'à la mort" si la police tentait de les déloger des aéroports où des enfants sont présents.

Le Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef) a exprimé sa "profonde inquiétude" à leur sujet, exhortant les opposants à assurer leur sécurité.

Les Etats-Unis ont appelé vendredi à l'arrêt des manifestations bloquant les deux aéroports de Bangkok.

"Bien que nous respections le droit à la liberté d'expression, le fait de s'emparer d'un aéroport n'est pas un moyen correct de manifester", écrit dans un communiqué un porte-parole du département d'Etat, Gordon Duguid, qui appelle les manifestants à "s'éloigner pacifiquement des aéroports".

"Nous espérons que cette situation peut être résolue sans violence et dans le respect de la loi", écrit-il.

Alors que la situation politique restait grippée, des touristes piégés en Thaïlande ont commencé à quitter au compte-gouttes le "Pays des Sourires" depuis une base militaire.

Jeudi, les autorités de l'aviation civile avaient autorisé des compagnies aériennes à utiliser la piste de la base navale d'U-Tapao, à 190 kilomètres au sud-est de Bangkok, pour des opérations prioritaires.

"Aujourd'hui (vendredi), environ 40 vols vont arriver et partir d'U-Tapao", a expliqué un responsable de l'aviation thaïlandaise.

U-Tapao avait été utilisée par les Américains pendant la guerre du Vietnam.

M. Somchai est le beau-frère du dirigeant déchu Thaksin Shinawatra, renversé en 2006 par l'armée après avoir gouverné la Thaïlande pendant plus de cinq ans. Il vit aujourd'hui en exil, mais ses lieutenants sont revenus au pouvoir à la faveur d'élections législatives en décembre 2007.

Les opposants de la PAD disposent de puissants soutiens dans l'armée, parmi les juges et au palais royal. Fondée en février 2006, la PAD avait largement contribué, par des manifestations à Bangkok, à déstabiliser M. Thaksin avant son renversement.

M. Somchai a jusqu'à ce jour exclu toute démission.

 

 

Thaïlande - manifestants obligés de quitter un aéroport ,  pourparlers rejetés

 

voir aussi Thaïlande - état d'urgence depuis une vingtaine d'heures

 

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Published by cedric - dans Actualites
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